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Hyder Ali

v. 1720–1782

Hyder Ali

Souverain de facto de Mysore

Le souverain autodidacte de Mysore, qui humilia par deux fois les forces britanniques sur le terrain, et devint la pierre angulaire de tous les plans stratégiques français pour l'Inde après la chute de Pondichéry.

LE TIGRE AVANT LE TIGRE

Hyder Ali naît vers 1720 près de Kolar, au Karnataka, fils d'un commandant d'artillerie à roquettes au service de Mysore. Il n'a ni éducation formelle, ni titre hérité, ni relations de cour. Ce qu'il possède, c'est une capacité d'observation militaire extraordinaire. Il observe les guerres du Carnatic se dérouler le long des frontières orientales de Mysore et saisit avec clarté la leçon que Dupleix avait découverte : un petit corps de troupes à la discipline européenne pouvait vaincre des armées bien plus nombreuses. Il décide de bâtir exactement une telle armée, et de l'attacher à exactement un tel patron européen.

En 1761, l'année de la chute de Pondichéry face aux Britanniques, il avait manœuvré jusqu'à contrôler Mysore dans les faits, évinçant le ministre en place tout en laissant les rois Wodeyar comme souverains de cérémonie. Son sens du moment fut précis : la dispersion des soldats français de la ville tombée lui fournit des militaires européens formés à absorber. Autour d'eux, il bâtit une armée d'environ 90 000 hommes, dont 50 000 entraînés à l'européenne, avec un corps de roquettes à enveloppe de fer de plus de 1 000 hommes qu'aucune autre puissance indienne ne pouvait égaler.

La France reconnut immédiatement sa valeur stratégique. Dès 1771, une mission militaire française secrète opère sous son commandement à Seringapatam : officiers, cavaliers et artilleurs qui contribuent à développer ses forces en échange d'un accès au royaume indien le plus redoutable de l'époque. Quand la deuxième guerre anglo-mysorienne s'ouvre en 1780, il envahit le Carnatic à la tête de 90 000 hommes et anéantit en septembre une colonne britannique commandée par le colonel Baillie à la bataille de Pollilur, la détruisant si complètement que la défaite fit prendre conscience à l'Inde britannique qu'un adversaire véritablement dangereux venait d'émerger.

Il meurt le 7 décembre 1782 d'un abcès lombaire, au moment même où l'engagement stratégique français auprès de Mysore atteignait son sommet. L'un de ses derniers officiers français, un capitaine nommé Bouthenot, écrivit : « Ce grand homme avait de l'estime pour notre nation. » Son fils Tipu Sultan hérita du trône, de l'armée et de l'alliance française. La rue Hyder Ali, dans la Ville Blanche, porte aujourd'hui son nom.

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