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Charles de Gaulle

1890–1970

Charles de Gaulle

Président de la République française ; ratifia le transfert de l'Inde française à l'Inde en 1962

Il ne bâtit pas l'Inde française, et s'y engagea à peine personnellement. Mais ce fut son gouvernement qui finit par signer la loi mettant fin à trois siècles de domination française, huit ans après que Pondichéry eut déjà changé de mains.

LA SIGNATURE QUI Y MIT FIN

Le rôle de Charles de Gaulle dans l'histoire de l'Inde française est administratif plutôt que personnel, et il aurait probablement souscrit lui-même à cette description. Quand il revient au pouvoir en 1958 pour fonder la Cinquième République, l'administration française à Pondichéry avait déjà pris fin : le transfert de fait à l'Inde avait pris effet en 1954, sous la Quatrième République, quatre ans avant que de Gaulle ne devienne président. Ce qui restait n'était qu'une formalité juridique, d'une longévité inhabituelle.

Le traité de cession avait été signé dès 1956, sous le gouvernement de Guy Mollet, mais nécessitait une ratification parlementaire pour entrer en vigueur, et l'attention du Parlement français, pour le reste de cette décennie, fut presque entièrement absorbée par la guerre d'Algérie. Le traité attendit six ans. Le gouvernement de de Gaulle finit par résoudre la question algérienne avec les accords d'Évian, en mars 1962, et cette crise réglée, la loi de ratification pour l'Inde française, la loi n° 62-862 du 28 juillet 1962, fut adoptée ce mois de juillet. Le transfert de droit prit effet le 16 août 1962, dernier acte formel d'une présence française qui avait commencé avec François Martin en 1674.

Contrairement à l'Algérie, le transfert de l'Inde française ne suscita presque aucune controverse en France. Le transfert administratif avait déjà huit ans, la population des anciens comptoirs était largement fixée sur son sort, et il n'existait en France aucune force politique ayant intérêt à s'y opposer. Il passa devant l'Assemblée nationale comme un point mineur au sein d'une vague bien plus vaste de décolonisation, aux côtés de l'indépendance des territoires africains de la France et du règlement de la question algérienne, le tout dans les mêmes quelques années de la présidence de de Gaulle.

L'héritage le plus durable de son gouvernement pour Pondichéry fut culturel plutôt que juridique. Son ministre de la Culture, André Malraux, rencontre Jawaharlal Nehru en novembre 1958, et leur conversation sur la place de la culture française dans l'Inde indépendante façonna le cadre qui permit à des institutions comme l'Institut français de Pondichéry et le lycée français de la ville de continuer à fonctionner après 1962, préservant le statut de Pondichéry comme, selon les mots mêmes de Nehru, une fenêtre sur la culture française. De Gaulle ne fit pas l'Inde française. Il signa les papiers qui refermaient le dossier d'une histoire dont les scènes décisives avaient déjà été jouées, sous Louis XV et Dupleix deux siècles plus tôt, et sous Nehru et Édouard Goubert quelques années à peine avant que sa propre signature n'en fasse une affaire définitive.

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