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Rue Tipu Sultan

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Rue Tipu Sultan

Nommée d'après : Tipu Sultan (1751–1799), Sultan of Mysore and France's most ideologically committed Indian ally (1751–1799)

Bienvenue Tip Sahib Street, nommée d'après Tipu Sultan, le Tigre de Mysore, le dernier souverain indien à représenter une menace véritablement existentielle pour la puissance britannique en Asie du Sud. Il fut aussi l'allié indien le plus engagé idéologiquement de la France : un homme qui établit un club jacobin dans son palais, planta un arbre de la Liberté dans son jardin, correspondit avec Napoléon, et fut retrouvé mort dans son armure à la porte d'eau de Seringapatam le 4 mai 1799.

Tipu Sultan, né Fateh Ali Sahab Tipu en 1751, hérita de son père Hyder Ali non seulement le royaume de Mysore, mais aussi un cadre stratégique : la résistance systématique à l'expansion britannique par l'alliance avec la France. Ce que Tipu y ajouta, ce fut une intensité idéologique. Il ne se contenta pas de s'allier à la France comme partenaire militaire. Il s'identifia à la France comme idéal révolutionnaire.

Ses innovations militaires furent redoutables. Il porta le corps de roquettes à gaine de fer de son père de 1 200 à près de 5 000 hommes, organisé en brigades spécialisées avec des lanceurs à roues capables de tirer simultanément plusieurs roquettes jusqu'à deux kilomètres de portée. Quand les forces britanniques prirent Seringapatam en 1799, elles y trouvèrent 600 lanceurs, 700 roquettes en état de marche, et 9 000 tubes vides. Cette technologie inspira directement le développement par William Congreve des systèmes de roquettes utilisés tout au long des guerres napoléoniennes.

Son alliance française atteignit son expression la plus frappante en 1794, quand il établit le club jacobin de Mysore à Seringapatam, planta un arbre de la Liberté dans le jardin de son palais, et commença à se faire appeler Citoyen Tipoo. Son ambassade à Versailles en 1787 avait demandé à Louis XVI une alliance offensive-défensive formelle. Sa correspondance avec Napoléon depuis l'Égypte en 1798 poursuivait le même but. Napoléon était intéressé : le rapport de Talleyrand de février 1798 avait proposé d'envoyer une force de 15 000 hommes depuis Suez vers l'Inde pour rejoindre Tipu Sultan et chasser les Anglais. Nelson détruisit la flotte française au Nil en août 1798 et mit fin à ce calcul.

La quatrième guerre anglo-mysorienne s'ouvrit en 1799. Seringapatam fut prise d'assaut le 4 mai. Tipu fut retrouvé mort près de la porte d'eau, encore en armure. Il avait refusé l'occasion de s'échapper.

À retenir sur cette rue

  • Il se faisait appeler Citoyen Tipoo et établit un club jacobin à Seringapatam en 1794. Un sultan plantant un arbre de la Liberté dans un jardin de palais est l'une des images les plus extraordinaires de l'histoire de l'alliance franco-indienne.
  • Son corps de roquettes : 5 000 hommes avec des roquettes à gaine de fer d'une portée de 2 km. La technologie capturée à Seringapatam en 1799 inspira directement les roquettes Congreve, utilisées à travers l'Europe pendant les guerres napoléoniennes.
  • Napoléon et Talleyrand planifièrent en 1798 une force de 15 000 hommes depuis Suez pour le rejoindre. Nelson détruisit la flotte française au Nil en août, avant qu'elle ne puisse prendre la mer. Tipu mourut l'année suivante.
  • Retrouvé mort en armure à la porte d'eau de Seringapatam, le 4 mai 1799. Il avait refusé de s'échapper. Ses derniers mots rapportés : mieux vaut vivre un jour en tigre que mille ans en mouton.
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