Pondy.Guide
Englishதமிழ்Français
← Vies & Héritages
Marie Cuperly

dates inconnues, active dans les années 1650 – après 1706

Marie Cuperly

Épouse de François Martin, fondateur de Pondichéry

Une fille de poissonnière parisienne, mariée en secret, abandonnée vingt-deux ans durant pendant que son mari bâtissait l'Inde française, puis arrivée pour partager son triomphe, sa captivité et sa ville.

LA FILLE DE LA POISSONNIÈRE

Marie Cuperly est l'une des très rares femmes de la génération fondatrice de l'Inde française dont le nom ait seulement survécu, et la seule dont la vie touche à tous les épisodes des tout premiers temps de Pondichéry. Elle naît à Paris dans le monde des Halles, fille d'un poissonnier, un milieu totalement étranger à celui des marchands et officiers qui peuplaient la Compagnie des Indes. C'est là qu'elle rencontre François Martin, futur fondateur de Pondichéry, alors commis de boutique dans le même quartier. Ils tombent amoureux à l'insu de la mère de Marie et se marient en secret.

Quand le mariage fut découvert, les deux familles réagirent mal. La mère de Marie la chassa et refusa de reconnaître Martin comme gendre ; l'employeur de Martin le renvoya pour ce même mariage. Le jeune couple commença sa vie commune doublement en disgrâce, sans revenus et sans alliés. Marie retourna vendre du poisson au marché pour faire vivre le foyer, pendant que Martin prenait tous les travaux de comptabilité qu'il pouvait trouver. Au moins une fille, Marie-Anne, naquit dans cette pauvreté.

Au cours de l'été 1664, Martin voit une annonce de recrutement de la Compagnie des Indes offrant passage et emploi à Madagascar et aux Indes. Il part en mars 1665 et, selon le voyageur Robert Challes, qui visita Pondichéry des décennies plus tard et consigna l'histoire, il partit sans dire à sa femme où il allait ni comment le joindre. Marie Cuperly passa plus de vingt-deux ans sans nouvelles de son mari, élevant seule ses enfants sur ce qu'elle gagnait au marché. La Compagnie aurait, dit-on, fouillé le quartier des Halles pendant six semaines avant de seulement parvenir à la localiser, pour confirmer le récit que Martin faisait lui-même de son mariage.

Elle atteint Pondichéry en avril 1674 avec sa fille Marie-Anne, trois mois après que Martin y eut rétabli la position française à la suite de la chute de Saint-Thomé. Elle arrive dans un établissement de huttes de roseaux et de marais salants, et le voit devenir, au cours des deux décennies suivantes, la principale base française en Inde. Quand les Hollandais assiègent et prennent Pondichéry en 1693, Martin est emmené prisonnier à Batavia. Marie Cuperly choisit de le suivre en captivité plutôt que de rester en arrière, et la famille ne revient qu'après que la paix de Ryswick eut restitué la ville à la France, en 1697.

À la mort de Martin, en décembre 1706, leurs trois filles avaient toutes épousé des membres de la direction de l'Inde française : l'une le premier directeur de Chandernagor, l'une le major responsable de la garnison de Pondichéry, l'une un haut fonctionnaire de la Compagnie. Marie Cuperly survécut à son mari. Son propre testament fut découvert aux côtés du sien à Pondichéry en 1918, confirmant ce que Challes avait rapporté deux siècles plus tôt, bien que la date et les circonstances de sa propre mort n'aient jamais été consignées. Ce qui subsiste d'elle n'est pas un portrait officiel mais la forme d'une vie entière : une fille de poissonnier qui vendait du poisson à Paris pendant que son mari bâtissait un empire, et qui arriva en Inde non pas comme l'épouse d'un administrateur, mais comme une femme ayant déjà survécu à pire que tout ce que la colonie pouvait lui offrir.

Pondy App

L'application

Emportez ce guide avec vous

Cartes hors ligne, histoire rue par rue, sélection de restaurants et guides d'hôtels : tout ce site, dans votre poche.

Ouvrir l'appli →
Mirza Rashid Ali BaigJeanne Dupleix