1850–1923
Pierre Loti
Romancier français et officier de marine
Le célèbre romancier français qui débarqua à Pondichéry par la mer en 1899 et en écrivit le portrait littéraire le plus vivant jamais couché sur le papier.
LE ROMANCIER VENU PAR LA MER
Pierre Loti, pseudonyme de Louis Marie Julien Viaud, naît à Rochefort en 1850 et mène sa vie d'adulte à la fois comme officier de marine française et comme l'un des romanciers les plus lus de la Belle Époque. Partout où la marine l'envoyait, il écrivait : le Japon lui donna Madame Chrysanthème (1887), la Bretagne lui donna Pêcheur d'Islande (1886), la Turquie lui donna Aziyadé (1879). Quand la marine l'envoie vers l'océan Indien en novembre 1899, il est au sommet de sa célébrité, membre de l'Académie française depuis 1891, reconnu dans toute l'Europe comme le maître d'un impressionnisme littéraire qui rendait les contrées lointaines avec une immédiateté physique.
Il arrive à Pondichéry comme les navires français y arrivaient depuis deux siècles : par la rade, la côte de Coromandel s'élevant lentement hors de la mer, les tours de Notre-Dame des Anges visibles au-dessus de la ligne d'eau avant même que la ville n'apparaisse. C'était une approche délibérée, celle d'un homme qui comprenait que la bonne manière d'entrer dans un lieu est celle par laquelle il fut conçu pour recevoir ses visiteurs. Il assiste à la messe à Notre-Dame des Anges, arpente la rue Dumas et la rue de la Marine, et circule entre la Ville Blanche et les rues tamoules de la Ville Noire avec l'attention d'un homme formé à l'observation minutieuse des environnements étrangers.
Le livre issu de son voyage indien, L'Inde (sans les Anglais) (1903), annonce sa méthode dès son titre. L'Inde sans les Anglais : un itinéraire qui évitait délibérément les centres du pouvoir britannique pour rechercher au contraire les comptoirs français, les États princiers, et les villes sacrées que la Compagnie des Indes orientales n'avait pas absorbées. Son portrait de Pondichéry, son caractère hybride franco-tamoul, les tours de l'église au-dessus de la plage, le mélange de visages français et indiens dans l'assemblée de la cathédrale, demeure le témoignage littéraire le plus vivant de la ville sous la Troisième République.
Il meurt à Hendaye en juin 1923. L'Inde (sans les Anglais) est aujourd'hui moins lu que ses romans bretons et turcs, mais pour Pondichéry il est irremplaçable : une promenade littéraire à travers une ville qui n'existe plus sous cette forme, écrite par le seul auteur français de premier plan qui soit venu ici et y ait porté toute son attention.
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